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Lundi soir au Grand Palais se tenait le vernissage de l’expo Hergé et Tintin, auquel nous étions conviés. Un carton pour ce musée, où pendant quelques mois vont se succéder des bédéphiles éclairés, comme tous les gamins de la capitale, de sept à septante sept ans !

Le projet en lui-même est un bel hommage à la fascination d’Hergé pour le musée, qui, à l’exemple de Moulinsart, auquel l’expo consacre une salle, s’impose dans l’œuvre du dessinateur de génie comme un lieu inspirant. Quick et Flucke ne se laissent-ils pas enfermer au musée pour y faire du patin à glace ? L’album de L’Oreille cassée s’ouvre lui aussi sur le Musée ethnographique et le vol du fétiche Arumbaya. L’ouverture de l’expo sur  l’Alph-Art, album inachevé dans lequel Rémi George dévoile une part de son expérience d’amateur d’art souligne d’emblée que la rétrospective porte au moins autant sur Hergé que sur Tintin. Est exposée au Grand Palais une partie de sa collection personnelle, de Poliakoff à Andy Warhol. Hergé se révèle aussi peintre à ses heures au début des années 60 : 6 de ses toiles, sur une trentaine, sont exposées en guise d’introduction, bien qu’Hergé lui-même considère :

« La BD est mon unique moyen d’expression. Qu’y-a-t-il d’autre à ma disposition ? La peinture ? (…) je dois choisir la peinture ou Tintin, pas les deux ! Je ne peux pas être peintre du dimanche ou du samedi après-midi. C’est impossible ! »

L’accent est mis dans les autres salles sur les albums au travers de leur processus de fabrication, des sources d’inspiration du belge à sa technique elle-même, l’influence du cinéma, les planches originales permettant de comprendre « la ligne claire », et comment Hergé sélectionne le trait définitif, ou passe du noir et blanc à la couleur.

L’engouement est certain : s’il ne s’agit pas là d’une première puisqu’en 2015 déjà se tenait une expo Tintin au Musée en herbe, le Grand Palais, cette succession de salles et la dimension de l’expo donnent à l’œuvre d’Hergé l’ampleur qu’elle mérite. Du reste, cette consécration succède à la multiplication des ventes consacrées à la bande dessinée, qui assurent aux maisons de vente des enchères dynamiques tout en leur permettant d’attirer une nouvelle clientèle très diversifiée. Dans ce monde Tintin fait aussi figure de héros, avec l’année dernière l’acquisition par un collectionneur américain d’une série de dessins à l’encre de Chine pour 2.7 millions d’euros chez Artcurial, record d’enchères pour l’artiste.

L’ambiance qu’a su créer Jérôme Neutres, commissaire de l’exposition, la présence de prototypes utilisés par Hergé faisant écho aux très nombreuses planches originales, la succession de couvertures du Petit Vingtième, et l’attention portée jusqu’aux traductions des inscriptions chinoises dans Le Lotus Bleu contribuent à faire de cette expo un grand succès. On regrettera seulement l’absence du gardien de musée si cher au cœur d’Hergé !

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Film de présentation : https://www.youtube.com/watch?v=1-NQRPTVqBQ

Les quelques souvenirs d’enfance de l’artiste, ses amitiés, de l’abbé Norbert Wallez, directeur du Vingtième siècle, à Edgar P. Jacobs, en passant par Tchang, sa fidélité au scoutisme de son enfance, permettent de saisir une part de l’intimité du dessinateur. Ainsi la vitrine consacrée à Totor, C.P. des Hannetons, personnage inspiré des propres souvenirs de Renard curieux, totem scout d’Hergé, éclaire non seulement les débuts de Rémi George, qui n’a que 16 ans lorsque la revue Le Boy Scout accueille ses premiers dessins, mais également la personnalité même de son héros Tintin, boy-scout généreux et fidèle.

« Mon enfance me paraît très grise. J’ai des souvenirs, bien sûr, mais ces souvenirs ne commencent à s’éclairer, à se colorer, qu’au moment où j’ai découvert le scoutisme ».

Sont évoqués tout à tour les œuvres d’Hergé peintre, ou d’Hergé publicitaire, avant d’entrer dans la galerie des autres créations du maître : quelques planches de Tim l’Ecureuil (nom de la patrouille dont Hergé était C.P.), de Monsieur Bellum, mais peu de choses sur Popol et Virginie, ou sur Jo, Zette et Jocko, personnages de commande dont il est vrai que Hergé se plaignait.

Pleine d’émotions, l’expo apporte des détails passionnants à la compréhension de l’œuvre et de son auteur ainsi qu’au choix des thèmes d’albums.

« J’ai mis toute ma vie dans Tintin »

« J’ai mis toute ma vie dans Tintin »

Moins sans doute sur les personnages. Sur son rapport aux enfants aussi, qu’il découvre avec intérêt lisant, riant et tournant avec violence les pages de ses albums. La gémellité des Dupondt intrigue, et il est dommage de ne pas en savoir plus sur le père et l’oncle d’Hergé, Alexis et Léon, jumeaux élevés dans un château qui ne peut qu’évoquer Moulinsart.

Sans parvenir à percer le mystère Hergé, que le personnage sans aspérité de Tintin n’éclaire qu’imparfaitement, mais que celui du capitaine Haddock permet de compléter, l’expo suggère suffisamment pour donner envie d’en savoir davantage !

 

Demandez le programme

Hergé

28 Septembre 2016 – 15 Janvier 2017

Hors vacances scolaires : Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 20h et en nocturne jusqu’à 22h le mercredi Vacances scolaires (du 20 octobre au 2 novembre 2016 et du 18 décembre 2016 au 2 janvier 2017) : Samedi, dimanche, lundi de 10h à 20h Nocturnes le mercredi, jeudi et vendredi jusqu’à 22h

Fermeture anticipée à 19h le jeudi 29 septembre Fermetures anticipées à 18h les samedis 24 et 31 décembre   Fermé le mardi Fermé le 25 décembre   Nuit Blanche le samedi 1er octobre : gratuité de 20h à minuit

Une salle de l’exposition Hergé n’est pas accessible aux personnes en fauteuil roulant (salle accessible uniquement par 11 marches)

Normal : 13 € Réduit : 9 € (familles nombreuses/demandeurs d’emploi) Tribu (4 personnes dont 2 jeunes 16-25 ans) : 35 €

Gratuit pour les moins de 16 ans accompagnés

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