Le 2 mai 2012 à New York, la maison Sotheby’s mettra aux enchères le cri d’Edvard MUNCH.

Connue aussi bien  des  initiés que du  grand public, cette vision apocalyptique d’Oslo vue depuis la colline d’Ekeberg met en scène un homme torturé se tenant les oreilles et criant.

Cette œuvre est considérée comme la plus importante de la carrière du peintre. Elle incarne l’expression de la crise existentielle de l’homme moderne.

E. MUNCH dans son journal, le 22 janvier 1892, relate l’expérience dont a découlé son inspiration :  « Je me promenais sur un sentier avec deux amis – le soleil se couchait – tout d’un coup le ciel devint rouge sang, je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture – il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu noir de la ville – mes amis ont continué à marcher, et je suis resté là tremblant d’anxiété – et j’ai entendu un cri infini déchirer la Nature »

Ce pionnier de la peinture expressionniste réalisa entre 1893 et 1910 quatre versions de ce célèbre tableau. La première est une tempera et crayon conservée à la galerie nationale d’Oslo. La seconde est un pastel sur carton du Musée MUNCH d’Oslo. Enfin, la troisième version, plus aboutie que les précédentes, est une huile, tempéra et pastel également conservé au Musée MUNCH.

Celle que Sotheby’s présentera en mai est une huile, tempéra et pastel réalisée en 1895. C’est l’unique version encore conservée par un particulier. Depuis plusieurs décennies, l’œuvre appartient à la famille de l’homme d’affaires  Petter Oslen dont le père, Thomas Oslen, était l’ami et le mécène de MUNCH.

L’engouement unanime envers cette composition lui aura valu de nombreux vols notamment en 1994 et 2004. Une des rares  versions  à ne pas avoir été volée demeure  celle de 1895. Celle-ci n’a encore jamais été exposée au Royaume-Unis et aux Etats-Unis ou que très brièvement, à la National Gallery à Washington, il y a plusieurs dizaines d’années. Il sera possible de la découvrir à Londres le 13 avril et à New York à partir du 27 avril.

Il y a fort à penser que cette œuvre pourrait faire l’objet d’un nouveau record. L’intérêt et la qualité exceptionnels d’une telle œuvre laissent penser que son prix pourrait osciller entre 100 et 150 millions de dollars. En attendant le résultat de cette vente et à la vue des dernières envolées de l’art moderne, il est compréhensible qu’une certaine excitation s’empare du marché de l’art.

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